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Rencontre avec Colline Hoarau, une romancière « Dame de cœur » attentive aux autres...

Écrit par Gilles Boulin
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Colline Hoarau est une romancière passionnée. J’ai eu l’occasion de la rencontrer à plusieurs reprises. Il y a peu, elle est venue présenter son dernier livre à la librairie « La Cédille » à Lamballe.
J’ai donc souhaité la rencontrer dans un lieu calme et bien connu de notre territoire : le plan d’eau de Lamballe.
Cette rencontre m’a permis de mieux la connaître. En effet, en cette période compliquée où la communication et la bienveillance des uns et des autres deviennent minoritaires, il m’est agréable de rencontrer des gens comme Colline qui ne sont que bienveillance, respect et écoute. Ses différents parcours de vie le prouvent. Au-delà même de ses romans, qu’elle écrit avec passion, Colline est une « Dame de cœur ». Je vous invite donc à mieux la connaître à travers ces quelques questions. Elle a bien voulu me répondre lors de cette belle rencontre, au cœur de cet endroit si paisible du plan d’eau de notre territoire de Lamballe-Armor.
 
 
1) J’ai lu votre biographie. Très jeune, vous vous êtes intéressée aux matières littéraires. Mais quels ont été les éléments déclencheurs à cette passion ?
 
À la Réunion, à l’école, on travaillait particulièrement le français. J’ai appris à aimer les mots. J’adorais lire. Cela me faisait voyager. Le soir, en cachette, je lisais les bandes dessinées de mes grands frères comme Blek le Roc, les romans à l’eau de rose de ma mère quand j’avais fini les livres de la bibliothèque. Il m’arrivait de lire un livre par jour à l’adolescence. C’était la meilleure façon de découvrir d’autres univers et de vivre des aventures. La lecture a été un refuge dans les moments de souffrance.
 
2) Vos divers engagements dans différents associations (comme SOS racisme, ... etc.) sont aussi les points forts de votre biographie. Que pensez-vous de cette ambiance parfois compliquée qui règne aujourd’hui ? Parfois, sur les réseaux sociaux , mais pas que…
 
Née sur une île multiculturelle et multiconfessionnelle, je ne comprends pas qu’on puisse juger des personnes sur leur origine et leur religion. Le vivre ensemble réunionnais me paraît une façon naturelle de concevoir la vie. On ne choisit pas le pays où l’on naît et souvent, pas celui où l’on va vivre. Nos malaises ne viennent pas forcément des autres. Cette ambiance et la surenchère me peinent. Je pensais que les idées nauséabondes étaient derrière nous. Il faut continuer ce combat.
 
3) Quel a été votre ressenti sur le « Pouvoir », des hommes ou femmes politiques que vous avez côtoyés en tant que chef de cabinet ?
 
Mon expérience en tant que chef de cabinet a été révélatrice. Elle m’a permis de ne plus idéaliser ce milieu. Le monde de la politique est impitoyable. Il manque souvent d’humanité et d’humilité. Parfois, les égos passent devant l’intérêt général. C’est pourtant passionnant d’avoir le pouvoir de changer la vie des gens, d’avoir cette faculté. Il est cependant nécessaire de rester en contact avec la réalité. Certains élus ont une volonté de s’impliquer très fortement. Mais l’exercice du pouvoir en amène parfois à abandonner leurs principes.
 
4) Après de nombreux déménagements, vous avez décidé de venir en Bretagne. Quelles en sont les raisons ?
 
A 17 ans, nouvelle bachelière, j’ai découvert la Bretagne en travaillant au zoo de Trégomeur. Ce fut un vrai coup de foudre pour cette région où j’avais envie de vivre un jour. La richesse du patrimoine naturel et culturel, l’ouverture des Bretons ayant voyagé à travers le monde m’ont convaincue à un moment où j’avais envie d’une vie plus sereine me permettant de me consacrer à l’écriture. J’aime tant la luminosité du ciel breton, quel que soit le temps, le relief et la diversité du littoral.
 
5) Vous avez une licence de Breton et langues Celtiques. C’est une nouvelle passion ?
 
En arrivant en Bretagne, c’est tout naturellement que j’ai voulu apprendre le breton comme le béarnais à Orthez, adolescente. C’est une langue musicale avec un vocabulaire très riche qui convient bien à ma vision concrète. Une langue permet de mieux comprendre le pays où l’on vit. C’est un traceur culturel indéniable. Il faut des années pour maîtriser une langue et être passionné pour continuer son apprentissage.
 
6) Concernant votre passion pour l’écriture, avez-vous d’autres projets ? Et quels conseils donneriez-vous à un jeune passionné de littérature voulant faire un livre ?
 
J’écris actuellement un livre pour enfants sur les doudous. J’essaie d’alterner les projets et d’en finaliser un par an. J’encourage tous ceux qui veulent écrire à définir un objectif clair : pour qui, pour quoi, pour les autres, pour soi… Il est indispensable de faire lire ce qu’on écrit, d’accepter le regard et les critiques pour améliorer son manuscrit. C’est beaucoup de travail, de la persévérance, du temps et également un plaisir particulier de construire des histoires, de les voir éditées et lues.
 
À n’en pas douter, Colline est une passionnée. Au-delà de ses romans, c’est une « Dame de cœur », attentive aux autres. La bienveillance de ses propos m’apaise et me rassure. Non ! Notre société humaine n’est pas foutue. Ceux qui préconisent la peur de l’autre n’ont pas encore gagné tant qu’il y aura des personnes comme Colline pouvant s’exprimer. Grand merci à Colline pour cette belle rencontre qui m’a rassuré et confirme mon choix de vie à travers les autres.
 
Pour plus d’informations sur Colline Hoarau Adresse site : hoaraucolline